A propos du Réseau Université de la Pluralité

« Si, comme dit la maxime, « la politique est l’art du possible », encore faut-il qu’il y ait des arts pour multiplier ces possibles. » Bruno Latour

La mission

Alors que les siècles passés ont démontré les capacités des sociétés humaines à se transformer, nous apparaissons aujourd’hui démunis face à la nature et l’ampleur des transitions à venir. Les transformations technologiques (numérique, neurosciences, biotechnologies…) rouvrent la question de dépassement de l’Humain par ses créations. La transition écologique nous invite à penser un monde dont les humains ne sont plus « maîtres et possesseurs ». Nous n’avons ni les outils, ni les mécanismes collectifs, capables de traiter la dimension anthropologique de ces deux transformations et encore moins, de résoudre les contradictions qui les opposent.

Nous formulons l’hypothèse que nous ne retrouverons des capacités d’agir sur l’avenir qu’en travaillant de manière délibérée et construite sur les imaginaires. Cependant, il ne peut plus s’agir de formuler un seul grand récit du futur, pas plus que d’adopter passivement les modèles issus du « complexe techno-culturel » californien. Nous avons besoin d’une multiplicité de récits et autres productions imaginaires, issues de tous les points cardinaux d’un monde multipolaire. Et nous avons besoin que ces imaginaires nous outillent et nous rendent capables :

  • D’imaginer les mondes d’après : Mobiliser les ressources des imaginaires pour nous représenter les transitions à venir, explorer d’autres futurs possibles en sortant des sentiers battus, élargir le champ des alternatives.
  • D’agir en situation d’incertitude radicale : Produire et fournir des outils pour aider les personnes, les organisations et la société à débattre des futurs ; à prendre position en s’exposant à la controverse ; à expérimenter et agir en tenant compte de la complexité, de l’incertitude et de la diversité des acteurs.

Ce constat est partagé par un certain nombre de chercheurs, innovateurs, créateurs, écrivains de science-fiction, designers « spéculatifs »… Partout dans le monde, leurs pratiques et leurs productions constituent un terreau fertile… pour peu qu’ils soient connus et exploités.

Telle est la mission que se donne le Réseau Université de la Pluralité (U+) : détecter, connecter, fédérer les personnes et les organisations qui mobilisent les ressources de l’imaginaire pour explorer d’autres futurs. Avec deux objectifs :

  • Rendre plus accessibles les pratiques et les productions qui mobilisent les imaginaires pour élargir le champ des futurs pensables, à destination des décideurs publics et privés, des activistes et innovateurs, des médias… et à terme, de tout le monde.
  • Se fonder sur la richesse de ces productions et des méthodes qu’elles utilisent pour faire évoluer les idées, les attentes et les aspirations – et par ce biais, élargir le champ des alternatives offertes à toutes les parties prenantes.

Une telle intention est cependant hors de portée d’une organisation unique : l’U+ doit donc s’inventer comme un archipel, un réseau, un dispositif collectif et ouvert.

Nos priorités pour 2019

La Rencontre internationale des Fondateurs (30/11 et 1/12) a permis de formaliser les objectifs du Réseau Université de la Pluralité et de définir les actions que nous espérons mener à bien en 2019, tout en approfondissant certains projets engagés en 2018 :

 

Faire vivre et étendre le réseau U+

L’objectif est de donner une réalité au réseau international de l’Université de la Pluralité, afin qu’il devienne un lieu naturel d’échanges, de partage d’information, de discussion de projets et de résultats, de coopérations horizontales entre ses membres…

Dans ce but, nous :

  • Mettrons en place une plateforme numérique de collaboration, partage et coproduction
  • Créerons les communautés et dispositifs de gouvernance
  • Mettrons en place un programme de « conférences virtuelles » ouvertes
  • Organiserons fin 2019 ou début 2020 une seconde Rencontre internationale de l’Université de la Pluralité, a priori en lien avec un événement international existant.

 

Donner plus de densité à la « Communauté U+ »

A l’international, l’Université de la Pluralité est un « réseau de réseaux », elle fédère des individus et des organisations qui sont eux-mêmes des nœuds importants de réseaux locaux, thématiques, etc. Pour donner du corps au réseau, nous engagerons deux projets internationaux d’échanges de contenus (Fragments de futurs) et de personnes (Programme d’échange international).

En France, le Réseau Université de la Pluralité doit jouer un rôle pionnier en densifiant les collaborations entre ses membres, en créant des expériences partagées, en travaillant activement à inclure des publics et des participants très divers. Dans ce but, nous développerons des moments de rencontre et de travail collectif, imaginés par l’équipe de l’Université de la Pluralité ou proposés par ses membres et partenaires.

 

Les projets thématiques

L’objet des projets thématiques est de mobiliser un nombre significatif de participants du réseau autour d’un même sujet ambitieux, inspirant et visible, pour produire à la fois des ressources communes (connaissances, références, cartes, outils…) et des créations illustrant la pluralité des futurs pensables sur le sujet.

  • Le projet WORK+ sur les futurs du travail, engagé en 2018, sera poursuivi dans deux directions : l’expérimentation au sein d’entreprises et de collectifs (ex. coopératives d’activités et d’emploi), qui débouchera sur une mise en forme du dispositif afin d’en permettre la réutilisation ; et l’internationalisation des contenus et de la méthode proposée.
  • Dans la seconde moitié de 2019, le réseau mondial sera mobilisé .de manière simultanée lors d’un U+ Day.

Ces projets seront développés d’une manière collaborative, avec pour objectif de faire travailler ensemble dès l’origine créateurs, acteurs (entreprises, institutions publiques, associations…), citoyens et chercheurs. Le processus de production des projets a autant d’importance que leur résultat : il est la condition de leur appropriation.

 

La recherche et la formation

L’activité de recherche et de formation s’organisera sous la forme d’un réseau de recherche, fédérant des laboratoires et des chercheurs de toutes disciplines, intéressés par les imaginaires du futur, leur production et leur usage. Elle s’intéressera à trois questions :

  1. Comment mobiliser les imaginaires du futur pour élargir le champ des alternatives offertes à la stratégie et à l’action ? Terrain : le réseau international de l’U.
  2. Comment articuler la production imaginaire avec la réflexion stratégique, le cadrage des débats publics ou de société, les processus de décision en situation d’incertitude ? Terrain : les organisations partenaires de l’U+.
  3. Comment formaliser les approches qui mobilisent les imaginaires pour explorer d’autres futurs, afin de les rendre enseignables et utilisables par les organisations ? Ce travail se mènera autour d’expérimentations pédagogiques.

L’activité autour de la formation s’organisera autour d’expérimentations pédagogiques à petite et grande échelle : U+ Lab.

 

Des productions visibles et très accessibles

Toutes les actions décrites ci-dessus produiront naturellement des livrables, libres d’accès et d’usage (licence CC-Attribution). Nous chercherons systématiquement à les valoriser au travers de partenariats d’édition ou médias (en France, avec Usbek & Rica).

Les conférences Futurs Pluriels, organisées avec SciencesPo et Usbek & Rica, se poursuivront en 2019 et au-delà (12 conférences par an).

En fin d’année, un travail éditorial transverse aboutira à la production d’un « Yearbook » destiné à un public large, accessible en ligne et sous forme papier, en versions française et anglaise. Là encore, nous chercherons des partenariats d’édition en France et ailleurs pour en maximiser l’impact.

L’association Réseau Université de la Pluralité

Le Réseau Université de la Pluralité est une association loi de 1901, déclarée à Paris le 4 avril 2019.

Sa présidente est Ketty Steward.

Vous pouvez télécharger :

L'équipe

Ketty Steward
Présidente
Née en 1976 en Martinique, Ketty Steward est l'autrice d'une trentaine de nouvelles de Science fiction et de quelques autres textes (nouvelles et poèmes) relevant d'autres genres. Elle a donné des conférences (Arbre et SF, SF et discrimination) et coordonné des dossiers ou numéros spéciaux pour les revues Galaxies et Géante RougeKetty Steward écrit, notamment, des nouvelles fantastique et de science-fiction dans lesquelles se révèle son obsession pour le temps: passé, présent, futur. Une obsession qui s'immisce dans quelques-unes de ses autres activités : temps subjectif dans le cadre de ses études en psychologie clinique, futur incertain dans ses missions à l'éducation nationale... Elle anime des ateliers d'écriture créative et a dirigé deux numéros de la revue Galaxies consacrés à l'Afrique et la science-fiction.
Daniel Kaplan
Délégué général
Entrepreneur, chercheur et citoyen engagé, Daniel Kaplan explore le futur sous l’angle de l’innovation d’une part, des imaginaires d’autre part. Il a créé en 1986 l’une des premières agences de communication numérique au monde, JKLM. Dans les années 1990, il a fait partie des pionniers du numérique et de l’internet en France et dans le monde. En 2000, il a cofondé la Fondation pour l'Internet Nouvelle Génération (FING), qui « produit et partage des idées neuves et actionnables pour anticiper les transformations numériques ». Il l’a dirigée jusqu’à la fin 2016, avant de prendre du champ pour se concentrer autour d’une obsession : le renouvellement et la diversité des imaginaires du futur.
Chloé Luchs-Tassé
Responsable des connexions et de l'organisation
Chloé Luchs Tassé s’intéresse particulièrement aux enjeux de l’ère numérique et les transformations sur les différentes sphères de la société. Titulaire d’une Maîtrise en Communication internationale et d’un BAC en théâtre, elle est envoyée par le gouvernement du Québec à l’UNESCO, Paris au sein du secrétariat pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et travaille comme consultante à la Coalition pour la diversité des expressions culturelles à Montréal, Canada.
Sophie Coiffier
Responsable des Séminaires
Max Mollon
Max Mollon est designer, enseignant et chercheur. Dédié au design fiction depuis 2010 : il imagine des futurs f(r)ictionnels, parsemés d’objets et de leurs usages, qui confrontent au débat éthique et social. En 2018 il conclut 5 ans de doctorat sur ces pratiques. Il fonde le Design Fiction Club, et co-fonde Politique-Fiction.fr en 2017, et What if?, son bureau d'étude du débat public, depuis 2014. Il intervient au Centre-Pompidou et à SciencesPo.
Ariel Kyrou
Rédacteur en chef de la revue Visions solidaires pour demain et membre du collectif de rédaction de Multitudes, Ariel Kyrou aime utiliser la science-fiction et l’art contemporain pour penser (et panser) notre aujourd’hui. Il est l’auteur de plusieurs livres, parmi lesquels L’emploi est mort, vivre le travail ! (2015) avec Bernard Stiegler, Google God (2010) ou encore ABC Dick : Nous vivons dans les mots d’un écrivain de science-fiction (2009). Directeur associé de la société Moderne Multimédias, il est également le rédacteur en chef du magazine de réflexion sur le numérique Culture Mobile, des dossiers du Digital Society Forum et de la base de connaissance pour l’invention solidaire et sociale solidarum.org. Il enseigne également l’histoire critique des cultures actuelles à l’Université de Versailles / Saint-Quentin en Yvelines.
Jacques-François Marchandise
Jacques-François Marchandise, est cofondateur et, depuis 2017, délégué général de la Fing. Impliqué depuis 1982 dans l’innovation numérique, il s’intéresse plus particulièrement aux questions de maîtrise collective et d’appropriation, de réflexivité et de pensée critique. Enseignant à l’Ensci, professeur associé à l’Université Rennes2, chercheur associé à l’Institut Mines Telecom, il a conduit l’atelier de réflexion prospective de l’ANR PRISE (Mutations et ruptures dans la société et l’économie numérique) et codirigé le rapport au Commissariat général à la stratégie et à la prospective "La dynamique d’internet - prospective 2030".
Thomas Gauthier
Thomas Gauthier est Professeur à la haute école de gestion de Genève et à emlyon business school. Il y enseigne la stratégie et la prospective. Ses travaux de recherche portent sur les apports de la prospective à l’élaboration des politiques publiques et à la stratégie des organisations.
Jérome Ruskin
Jérôme Ruskin est le fondateur et le directeur des publications de Usbek & Rica, le média qui explore le futur. Depuis 2010, il dirige ce média de prospective, à travers l'identification de signaux faibles, l'organisation de controverses et la proposition d'utopies. Jérôme Ruskin, dans le cadre de Usbek & Rica, est aussi le fondateur du Tribunal pour les Générations Futures, une conférence-spectacle sous forme de procès, qui permet de débattre en live des grands enjeux d'avenir.
Frédérique Pain
Frédérique Pain est directrice de l’Innovation et de la Recherche à Strate, école de design. Elle a auparavant travaillé à Alcatel Lucent, au sein des célèbres Bell Labs. Ses activités de recherche portent sur le management de l’innovation, la création de la valeur par le design, le design de l’expérience et les technologies émergents sur les robots sociaux. Elle dirige EXALT, premier laboratoire sur la recherche en design avec l’Ecole polytechnique, TelecomParisTech et 5 entreprises. Elle est administratrice de l'AAIHEST, la fondation Korian et la FING, militante sur la question de la parité femmes/hommes au service d'une mise en action pour rendre notre monde d’aujourd’hui et de demain sensible, apprenant et motivant.

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